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 ARTICLE VOL 39/234 - 2013  - pp.7-14
TITRE
Éditorial Le drone et le tee-shirt / Sommaire / Ont contribué à ce numéro

RÉSUMÉ

Qu’y a-t-il de commun entre le docteur Louis-René Villermé et Abraham E. Karem, deux inconnus du grand public, nés à 180 années de distance ? Rien, si ce n’est la circonstance qui les relie en 2013 à deux produits « sensibles » : le tee-shirt et le drone. Le tee-shirt renvoie aux larmes trop vite séchées des mondes de la mode et de la grande consommation après la catastrophe de Dacca au Bangladesh. Le drone symbolise le basculement dans l’ère des robots avec son lot d’interrogations sur l’art de la guerre, les outils de la paix et les lois de la démocratie.

Louis-René Villermé avait connu les atrocités des champs de bataille des guerres napoléoniennes. En 1840, il publie son « Tableau » de l’état physique et moral des ouvriers du textile. Il emploie le mot de « torture » pour décrire le travail de femmes et d’enfants travaillant debout, treize à seize heures par jour dans des locaux insalubres. Un siècle et demi plus tard, les 1 130 morts de la catastrophe du Rana Plaza à Dacca semblent être la réplique sinistre de « l’horrible volcan » dont parlait Lamartine à propos de l’enquête Villermé. Les fondamentaux du métier – aléas de la mode, clients capricieux, automatisation difficile – resteraient-ils inchangés ? L’industrie de la mode invoque sa chaîne de valeur : lien informatique étroit entre tous les acteurs de la filière, précision horlogère de « l’économie du porte-container ». Mais elle reste prisonnière de son modèle archaïque client dominateur – fournisseur servile.

« Abe » Karem lui, évolue dans un tout autre univers. Israélo-américain, il est l’inventeur des drones. Un outil de mort pour la CIA et les armées modernes. Un outil de paix pour l’agriculture, l’information et la vie civile. Au-delà du débat ouvert sur le destin futur de sa machine, « Abe » Karem est l’un des architectes de la cité numérique qui se construit aux côtés des mercenaires de l’empire GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), des ingénus de l’impression 3D ou des thaumaturges de l’internet des objets.

Lui aussi a démarré dans un garage. Formé au Technion, le MIT israélien, il met au point son premier drone au moment de la guerre du Kippour en 1973. À partir de 1977, il crée plusieurs entreprises aux États-Unis reprises ensuite par des géants comme Boeing ou Lockheed Martin. Sa méthode ? Des structures ultralégères, un travail collectif et des pieds de nez aux colosses de la défense américaine. Dans les années 1990, la CIA le met en compétition avec un centre de recherche militaire pour un programme de drone relié à un satellite. Réponse de l’organisme d’État : budget, 100 millions de dollars, livraison dans cinq ans. Réponse d’Abe Karem : budget, 5 millions de dollars, livraison dans trois mois.

D’un côté, le textile, un produit de grande consommation soupçonné de manquement éthique. De l’autre, un conglomérat militaro- industriel ankylosé. Aux deux extrémités du monde productif, du privé au public, de profondes réformes organisationnelles sont en germe. Elles nourriront l’actualité des prochaines années dans l’ensemble des disciplines de gestion. L’heure est à la recherche de solutions nouvelles.



AUTEUR(S)
Jacques BARRAUX

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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